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L’œuf est dans le nid... Je répète... The egg is in the nest

May 15, 2017

 

 

Premier jour de woofing. C’est parti.  Je suis en Bretagne, à la frontière avec la Normandie, pas loin du Mont Saint-Michel.

 

Catherine nous accueille avec le sourire. Tom me dépose et dois déjà repartir. Je pose mon sac là-haut. Et nous partons voir les ânes. Après quelques papouilles, direction la serre. On va planter quelques radis et arroser. En passant on mate les buttes de cultures, les siennes et celles d’autres personnes à qui elle prête du terrain pour mettre les mains à la terre.  Il fait chaud dans la serre. Après ça, on repasse à la maison, on se boit une gorgée de kéfir de sirop de gingembre que Tom a concocté et m’a donné. C’est délicieux. Nous sommes toutes les deux surprises, d’habitude on n’aime pas c’est trop acide en général. On s’empare de deux brouettes et on part désherber les cassis. Ils ont vingt ans et la plupart sont en pleine forme. C’est sensé durer cinq ans normalement mais c’est vrai que les maraîchers en général secouent les plants pour faire tomber les fruits alors forcément on imagine que ça raccourcie un peu ta durée de vie de te faire secouer comme ça régulièrement. Il y a un peu de liseron qui coure, de la renoncule acre et du chiendent. C’est couvert de broyat pourtant mais ça ne suffit pas forcément. Les ânes suivent nos mouvements et nous accompagnent le long de leur pré. Je prends des sécateurs et je fais un carré de bambous que je place sur un carré de terre libre entre un pommier et un cassis. On plante des coquelicots à la volée. Le paquet se renverse un peu, les graines sont minuscules. Tant pis il y aura des coquelicots de l’autre côté du pommier à côté des patates qui sont entrain de sortir de terre. Avec quelques bouts de ficelle, je fixe les bambous qui montent en tipi autour d’un vieux tabouret crevé, ils sont la forme sur laquelle une fleur grimpante se fixera au milieu d’une butte. On part jeter les herbes folles arrachées au fond du terrain. Des kiwis immenses qui forment une pergola n’ont plus de feuilles, il a gelé et toutes les feuilles sont mortes. Il y a plein de bourgeons de nouvelles feuilles. L’oïdium s’est emparé des pieds de groseilles à maquereau. A l’occasion d’une pause, on cherche une solution. On va aérer les pieds et traiter avec du lait entier dilué. On ira en acheter tout à l’heure. On va voir les moutons, un bélier et trois brebis qui ont un petit chacune. La plus petite est trop fragile, d’ailleurs le bélier lui donne un coup de corne alors que nous sommes là comme s’il sentait la faiblesse de celle-ci, le maillon faible de sa petite troupe. On passe aux poules pour leur donner le grain de l’après-midi. Certaines couvent. Elles s’entêtent à le faire, il y en a même une qui est en anémie parce qu’elle ne mange plus assez à force de couver, il y a des œufs non stop du matin au soir vu le nombre de poules alors celles qui se mettent à couver ne s’arrêtent plus. Le terrain de jeu des poules est immense. On part en zone 4. Il y a des passages de renards et blaireaux, des grillages pour arrêter les chasseurs. Il y a un bosquet de ronce au milieu, il y a un nid de troglodytes mignons, un couple, tout mignon. Catherine m’explique, me montre, me fait visiter et nous ramenons les œufs. Elle m’explique encore comment marche la tondeuse de compét’, vu la surface (il y a un camping), et hop je suis dessus pour terminer de tondre un bout de pelouse. Nous embarquons dans sa voiture, un matou sauvage à l’arrière enfermé dans une cage. Il s’attaquait à Gaston, le chat de la maison. Il sera déposé à un refuge de la SPA. Quelles odeurs et que de bruit. J’aperçois quelques chiens tout mignon mais j’en entends beaucoup, je vois énormément de chats, c’est dingue tous ces animaux abandonnés. Ils ont comme une tristesse parfois dans le regard ou du ressentiment d’autres fois, c’est selon et c’est triste. Catherine craque presque sur une petite chienne toute timide mais on s’arrache avant, ce n’est pas encore raisonnable, pas maintenant en tous cas. On va voir son fils qui tient un bar en ville, un café et une vidéo de permaculture plus tard, nous voilà reparti, on achète du lait entier, un pain bio et on apprend qui est le nouveau premier ministre. On repart à la ferme. Après la ville, c’est un bonheur de retrouver la verdure tranquille, les oiseaux et les animaux. On a mangé à midi une omelette avec une salade du jardin bien sûr, tout est du jardin, et un peu d’aipierre, une feuille qui a goût de champi. On a accompagné ça avec du pain au levain maison que j’ai ramené. Pas acide, nous l’aimons bien toutes les deux et moi qui avait peur de l’avoir un poil trop cuit la veille, je suis rassurée. Ce soir on finit l’omelette, un peu de pizza, de la salade, des radis, du concombre et on se fait des crêpes vu qu’on a du lait. A chaque fois, on mange un peu de délicieuse compote à la rhubarbe, un délice. Une tisane au serpolet, assises sur des peaux de moutons dans le salon. Il est 22h.

 

Toute la journée, nous nous parlons et découvrons nos vies et ce qu’on pense un peu de tout et de rien. Le temps s’écoule différemment quand on est plongé dans un univers que l’on aime, l’air que l’on respire te libère, tes yeux pétillent et tout est intéressant. Chez Catherine, c’est comme dans un nid, une nature protectrice, généreuse et confortable dont il faut prendre soin et pour laquelle on s’inquiète aussi du manque d’eau notamment, mais sans se faire du mouron, ça c’est une adventice qu’on met au fond du jardin, comme celui qu’on aurait pu se faire. Il y a de l’amour qui a construit cet endroit et que Catherine fait vivre.

 

Premier jour de woofing. Enfin je commence à vivre mon rêve, celui de devenir une paysanne. C’est parti et ça fait du bien, comme une sérénité intérieure qui s’empare de toi et qui te calme, qui te dit que tu es dans la bonne voie et que c’est comme ça qu’il faut faire, apprendre auprès de ceux qui savent et qui le vivent, qui ont la bienveillance qu’une vie proche de la terre amène naturellement quand on l’écoute. Je me sens comme un œuf, tout nouveau, pas encore tout à fait né dans cette vie, tout lisse de connaissances et d’expérience, mais rempli de tout ce potentiel.

 

L’œuf est dans le nid.

 

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